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Prix des carburants : visites, sorties et vacances, ce à quoi renoncent les familles selon la Fondation Jean-Jaurès

Hausse des carburants : 47 % des automobilistes ont renoncé à voir un proche et 54 % à une sortie de loisirs, selon la Fondation Jean-Jaurès et l'Ifop.

La rédaction Enfants K'dos Publié le 5 min
Un automobiliste fait le plein à une station-service, affichage des prix visible

Vous repoussez une sortie en famille ou une visite chez les grands-parents à cause du prix de l'essence ? Vous n'êtes pas isolé. Une note de la Fondation Jean-Jaurès publiée le 22 juillet chiffre ce repli des automobilistes français, et un témoignage recueilli par Le Parisien montre comment la hausse du carburant grignote la vie sociale des familles.

En bref

  • 47 % des automobilistes ont renoncé au moins une fois à rendre visite à un proche pour cause de carburant.
  • 22 % ont renoncé plusieurs fois, voire souvent, selon la note de la Fondation Jean-Jaurès publiée le 22 juillet.
  • Amandine, qui vit dans l'Oise, ne se rend plus chez ses parents en Seine-et-Marne qu'une ou deux fois par an, contre cinq auparavant.

Le chiffre clé : 47 %, part des automobilistes ayant renoncé à voir un proche à cause du carburant.

La hausse du carburant coupe déjà des familles de leurs proches

Amandine, 26 ans, a témoigné auprès du Parisien. Elle vit dans l’Oise, sa famille habite en Seine-et-Marne, à une heure et demie de route. Depuis la hausse du prix des carburants qui a suivi le début du conflit en Iran, elle a changé ses habitudes.

« Depuis quelques mois, je vais beaucoup moins voir mes parents… », confie-t-elle. Avec son conjoint, le rythme des visites a été divisé : « Avant, ajoute-t-elle, on y allait cinq fois par an avec mon conjoint. Maintenant, c’est plutôt une ou deux. Ou on leur demande de venir, car ils ont plus de moyens. »

Cette contrainte a un coût humain. Amandine voudrait aussi rendre visite à sa grand-mère, hospitalisée près de chez ses parents. Elle a 98 ans. « Je sais qu’elle n’est pas éternelle, mais je dois me contenter des nouvelles qu’on me donne d’elle », dit-elle.

Une note chiffre précisément ce repli social

Amandine n’est pas un cas isolé. Une note publiée le 22 juillet par la Fondation Jean-Jaurès, intitulée « Quand la hausse des prix à la pompe rétrécit les vies », mesure l’ampleur du phénomène. Signée par Rémi Branco et Jérôme Fourquet, elle s’appuie sur une enquête Ifop menée en ligne les 2 et 3 juillet 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives des Français de 18 ans et plus.

Comportement observéPart des automobilistes
Ont renoncé au moins une fois à rendre visite à un proche47 %
Ont renoncé plusieurs fois, voire souvent22 %

Autrement dit, au cours des derniers mois, près d’un automobiliste sur deux a renoncé au moins une fois à rendre visite à un proche, famille ou amis, à cause du prix du carburant, et plus d’un sur cinq l’a fait plusieurs fois, voire souvent.

Pour les familles, l’arbitrage touche aussi les loisirs et les vacances

La note ne s’arrête pas aux visites. 54 % des automobilistes ont renoncé au moins une fois à une sortie de loisirs, comme un restaurant, un cinéma, un café ou un spectacle, à cause du prix du carburant, dont 28 % plusieurs fois ou souvent.

Les vacances d’été sont touchées aussi : 32 % des Français ont modifié ou abandonné leurs projets à cause des prix à la pompe, et la proportion atteint 44 % chez les parents d’enfants de moins de 18 ans.

La note cite aussi Lucie, mère d’une fillette de sept ans en Haute-Marne, qui a dû arrêter les cours de gym de sa fille, faute de transports en commun dans son village.

Certaines familles réorganisent leurs trajets plutôt que de tout annuler

Plutôt que de renoncer totalement au lien familial, Amandine a trouvé un ajustement concret : inverser le sens du trajet. « On leur demande de venir, car ils ont plus de moyens », explique-t-elle à propos de ses parents.

  • Inverser qui se déplace, en fonction du budget de chacun
  • Regrouper plusieurs déplacements sur un seul jour, souvent celui des courses
  • Se tourner vers le covoiturage : Blablacar a gagné plus de 110 000 inscrits entre mars et début juillet

Ce type d’arbitrage, né d’une contrainte budgétaire, redessine peu à peu la fréquence des visites et des sorties pour de nombreuses familles confrontées à la même hausse des prix à la pompe.

Vos questions

Pourquoi le prix des carburants a-t-il augmenté ?

La hausse fait suite au conflit ouvert le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, qui a fait flamber les cours du pétrole. Selon la Fondation Jean-Jaurès, le prix moyen du gazole est passé de 1,7 euro avant les premiers bombardements à près de 2,4 euros début avril 2026, et oscille depuis plusieurs mois entre 1,9 et 2 euros.

Combien de Français ont renoncé à voir un proche à cause du prix de l’essence ?

Selon la note de la Fondation Jean-Jaurès, 47 % des automobilistes ont renoncé au moins une fois à rendre visite à un proche pour cette raison, et 22 % l’ont fait plusieurs fois, voire souvent.

D’où vient cette note sur l’isolement lié au carburant ?

Il s’agit d’une note de la Fondation Jean-Jaurès publiée le 22 juillet 2026, intitulée « Quand la hausse des prix à la pompe rétrécit les vies ». Signée par Rémi Branco et Jérôme Fourquet, elle repose sur une enquête Ifop réalisée les 2 et 3 juillet 2026 auprès de 1 000 personnes et sur des entretiens avec des habitants de territoires très dépendants de la voiture.

Sources : leparisien.fr, Fondation Jean-Jaurès.

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