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« Une autre année comme ça et j'arrête tout » : un producteur normand prévient que le sapin de Noël coûtera plus cher

Canicule de 2026 : un producteur du Calvados perd 80 à 90 % de ses jeunes plants et prévient que les prix du sapin naturel vont augmenter cet hiver.

La rédaction Enfants K'dos Publié le 5 min
Rangée de jeunes sapins aux aiguilles brunies par la sécheresse dans une plantation normande, herbe jaunie entre les rangs

Vous comptez acheter un sapin naturel en décembre ? Prévoyez peut-être un budget plus large. Dans le Calvados, un producteur de 110 000 sapins par an a vu 80 à 90 % de ses jeunes plants brûler cet été. Il négocie déjà avec les grandes surfaces et annonce que les tarifs de l'an dernier ne seront pas tenus.

En bref

  • Environ 80 à 90 % des jeunes plants mis en terre au printemps 2026 sont morts chez ce producteur.
  • Les négociations avec les grandes surfaces sont en cours : les tarifs de l'an dernier ne pourront pas être tenus.
  • Le marché était déjà tendu, avec moins de sapins que de demande, et toute la France a subi la chaleur.

Le chiffre clé : 80 à 90 % des jeunes plants de sapin plantés au printemps morts chez ce producteur normand.

Les tarifs de l'an dernier ne seront pas tenus, annonce ce producteur du Calvados

Le message vient du Bocage virois, dans le Calvados. Mickaël Guettier dirige Les Sapins du Bocage, qui produit environ 110 000 sapins naturels par an autour de Valdallière. Il ne tourne pas autour du pot : les prix de cet hiver seront plus élevés que prévu.

Des négociations sont en cours avec ses clients, grandes surfaces comprises. Elles portent sur des tarifs qui ne pourront pas rester ceux de l'an dernier.

« On ne va pas pouvoir tenir les tarifs prévus l'an dernier. » Mickaël Guettier, producteur, cité par actu.fr

Aucun montant n'est avancé à ce stade. Le producteur donne deux raisons à la hausse : l'inflation générale et le manque de sapins. Il ajoute que cela ne l'amuse pas, car à la fin de la chaîne, c'est le consommateur qui paie.

80 à 90 % des jeunes plants de 2026 n'ont pas survécu à la canicule

Sur ses parcelles, les rangées de sapins ne sont plus d'un beau vert. Des traces marron ternissent l'ensemble : ce sont des brûlures dues à la chaleur. Mickaël Guettier émiette une branche couleur rouille pour le montrer. En 20 ans, dit-il, il n'a jamais vu ça.

Ce n'est pas tant la sécheresse que la canicule qui a fait le plus de dégâts, et surtout la première vague, en juin. Les pousses de sapin sont tendres : elles brûlent. Arroser, laisser pousser les graminées pour couvrir le sol, rien n'y a fait. Les plants n'ont pas tenu.

Le bilan sur la plantation de cette année est lourd : 80 à 90 % de pertes, soit 90 000 euros de perte sèche. Cette somme ne comprend pas l'achat de nouveaux plants, la main-d'œuvre et le carburant nécessaires pour les remplacer. Une partie des arbres adultes, ceux qui étaient prêts à la vente, est aussi touchée au point de ne plus pouvoir être commercialisée.

Un sapin vendu vers 6 ans : les pertes d'aujourd'hui se paieront dans plusieurs années

Un sapin ne se remplace pas en un hiver. Chez ce producteur, un arbre est vendu en moyenne à 6 ans, dès 4 ans pour les plus jeunes et jusqu'à 7 ou 8 ans. Les plants morts ce printemps ne deviendront donc jamais des arbres adultes, et ils manqueront à l'appel dans les prochaines années.

Les remplacer coûte cher, et rien ne garantit qu'une nouvelle canicule n'arrivera pas entre-temps. Voici les repères donnés par l'exploitation :

RepèreChiffre
Production annuelleenviron 110 000 sapins naturels
Surface plantée160 hectares
Pertes sur la plantation 202680 à 90 %
Perte sèche90 000 €
Âge moyen à la vente6 ans (de 4 à 7 ou 8 ans)
Saisonniers embauchés en fin d'année40

Un marché déjà tendu avant l'été, et toute la France a subi la chaleur

Le producteur le rappelle : il n'y avait déjà pas assez d'offre par rapport à la demande avant l'été. Or les fortes chaleurs ne se sont pas limitées à la Normandie. Toute la France les a subies. Selon lui, le marché du sapin de Noël naturel sera donc bouleversé dès cet hiver.

Gardez toutefois en tête qu'il s'agit du témoignage d'un seul exploitant. Il ne dit pas combien coûtera un sapin en décembre, ni quelles régions seront les plus touchées. Il décrit en revanche un mécanisme simple : moins d'arbres à vendre, des coûts plus lourds pour ceux qui les produisent, et une demande qui, elle, reste là.

Ce que vous pouvez faire pour garder la main sur votre budget Noël

Faute de prix annoncé, mieux vaut garder de la marge. Prévoyez un budget sapin un peu plus large que l'an dernier, et comparez les points de vente quand les arbres arriveront en rayon : les négociations avec les grandes surfaces ne sont pas terminées.

Un point reste ouvert. Le producteur dit ne pas savoir comment les arbres se comporteront après la coupe dans ces conditions. Au moment d'acheter, regardez l'état des branches : des zones brunes, couleur rouille, correspondent aux brûlures décrites sur sa plantation.

À plus long terme, l'inquiétude est réelle. Mickaël Guettier renonce à acheter un terrain pour planter davantage. Il l'assure : il ne pourra pas faire deux années comme celle-ci.

Vos questions

Le sapin de Noël sera-t-il plus cher cette année ?

D'après ce producteur normand, oui : les tarifs de l'an dernier ne pourront pas être tenus, avec l'inflation générale et le manque de sapins. Aucun montant n'a été annoncé et les négociations avec les grandes surfaces sont en cours.

Pourquoi la canicule a-t-elle fait plus de dégâts que la sécheresse ?

Selon le producteur, la première vague de chaleur, en juin, a fait énormément de mal. Les pousses de sapin sont tendres et ont brûlé, même arrosées et protégées par des graminées.

Combien de jeunes plants ont été perdus ?

Environ 80 à 90 % de la plantation de cette année, soit 90 000 euros de perte sèche, hors remplacement. Ces arbres se vendent en moyenne à 6 ans, donc le manque se fera sentir dans les années à venir.

Sources : Actu.fr.

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